Pourquoi le dimanche soir est plus lourd que le lundi matin
Le schéma, en cinq temps
Le lundi matin, tu es dedans. Il y a des choses à faire, des gens qui parlent, le corps suit. C'est désagréable parfois, mais c'est occupé.
Le dimanche à 21 h, rien ne se passe, et c'est pire.
Ce qui serre n'est pas la semaine qui vient
C'est ce que la semaine qui vient dit sur celle qui finit.
Le dimanche soir est le seul moment de la semaine où tu n'as ni le travail pour te distraire, ni le week-end devant toi pour espérer. Il ne reste que le bilan, et le bilan arrive tout seul, sans que tu l'aies demandé. Tu regardes deux jours qui devaient être à toi et tu ne trouves pas grand-chose dedans. Ce n'est pas que le week-end a été mauvais. C'est qu'il n'a pas été assez, et tu ne sais même pas assez de quoi.
Ce que fait la plupart des gens, et pourquoi ça tient si mal
Tu ouvres le téléphone. C'est le geste le plus logique du monde : ça remplit exactement le vide qui vient de s'ouvrir.
Sauf que le téléphone à 21 h un dimanche ne montre pas des choses neutres. Il montre des gens qui ont eu un meilleur week-end que toi, ou qui ont l'air d'avoir. Tu es entré pour arrêter de faire ton bilan, et tu es tombé sur celui des autres. La soirée finit plus petite qu'elle a commencé.
Le dimanche est le jour où les répétitions se voient
Il y a une chose utile dans ce moment, et c'est la seule.
Une semaine est une unité que le corps reconnaît. Si quelque chose te serre tous les dimanches, ce n'est pas un dimanche difficile : c'est une chose de ta vie qui revient te trouver au seul moment où tu es assez immobile pour la sentir. Le dimanche ne crée rien. Il découvre.
C'est pour ça que c'est le meilleur soir de la semaine pour écrire. Pas pour aller mieux le lendemain, mais parce que c'est le soir où ce qui se répète est le plus lisible.