Pourquoi je me sens à part au milieu des gens que j'aime
Le dîner était bien. Tu as ri aux bons moments, et dans l'ascenseur, d'un coup, tu n'avais plus envie de parler à personne.
Pendant la soirée, tu étais là sans l'être tout à fait. Tu as raconté la version drôle de ta semaine. Quand on t'a demandé comment tu allais, tu as dit « bien, un peu speed », et la conversation est repartie. Personne n'a rien vu, et ça me serre un peu le cœur pour toi.
Ce qui s'est passé, c'est que tu as envoyé la version de toi qui ne dérange personne, et c'est elle qu'ils ont reçue. Ils l'aiment pour de vrai. Mais la fatiguée, celle qui n'avait rien de drôle à dire, est restée au vestiaire avec ton manteau. Alors tu rentres avec cette drôle de distance : ils t'aiment, et ils n'ont croisé que la moitié de toi.
La fatiguée, celle qui n'avait rien de drôle à dire, est restée au vestiaire avec ton manteau.
Je me demandais…
Tu dirais quoi en arrivant, ce soir, si ta semaine n'avait pas besoin d'être drôle ?