Pourquoi j'allume la télé dès que je rentre
19h, tu poses tes clés. Avant même ton manteau, la télécommande. Tu ne regardes rien, il fallait juste que ça parle.
Tu n'as pas choisi la chaîne, tu as appuyé, c'est tout. Puis tu vas dans la cuisine, tu montes un peu le son pour l'entendre de là-bas, tu sors une casserole pendant que quelqu'un parle météo dans le salon. Si on te demandait ce qui se passe à l'écran, tu ne saurais pas répondre.
Je trouve ça très humain, de ne pas vouloir entrer dans une pièce qui ne dit rien.
Parce que le silence, lui, pose des questions. Dedans, la journée revient : la phrase de ce matin, le message pas envoyé, le truc que tu n'as dit à personne. Tant que ça parle, rien ne remonte. Et ce que ça prend est discret : la soirée passe sans que tu sois vraiment là, la fatigue n'arrive jamais tout à fait, et tu te couches tard avec le fond sonore encore allumé.
Ce n'est pas la télé que tu allumes, c'est le silence que tu éteins.
Je me demandais…
Tu te raconterais quoi, en rentrant, si tu n'avais plus besoin que quelqu'un parle à ta place ?