Pourquoi je dis 'c'est pas grave' alors que ça l'était
On te fait faux bond. « C'est pas grave » sort de ta bouche avant que tu aies regardé si c'était grave.
Quelqu'un arrive une heure en retard. Oublie le truc que tu lui avais dit deux fois. Annule le matin même. Et la phrase sort avant toi : « c'est pas grave, t'inquiète pas ». Tu l'as dite si vite que tu n'as pas eu le temps de vérifier. Juste après, il y a même un petit soulagement : le sujet est fermé, l'autre respire, on passe à autre chose. Ce qui me frappe, c'est la vitesse.
Cette phrase ne parle pas de la chose. Elle parle de l'autre. Tu t'occupes de sa gêne avant de t'occuper de ce que tu ressens, et ça marche, personne n'est mal à l'aise. Sauf que le soir, tu te retrouves avec un truc pas assez lourd pour être dit, trop lourd pour être posé. Et en face, on ne saura jamais que ça comptait. La prochaine fois sera un peu plus facile pour l'autre, un peu plus lourde pour toi.
Pas assez lourd pour être dit, trop lourd pour être posé.
Je me demandais…
Tu aimerais qu'on devine quoi, les fois où tu dis que ce n'est pas grave ?