Pourquoi je pleure quand quelqu'un est gentil avec moi

Quelqu'un te demande doucement si ça va, ou te tend un thé sans rien dire, et ta gorge se serre. Tu clignes des yeux, tu regardes ailleurs, tu dis « pardon, c'est bête ».

Ce n'est pas la phrase qui te fait pleurer. C'est tout ce que tu tenais avant elle. Des semaines à répondre aux messages, à faire ce qu'il y avait à faire, à dire « ça va » avec le bon visage.

Et là, quelqu'un est doux avec toi, et le corps comprend qu'il peut lâcher. Moi, je trouve ça presque tendre, qu'il attende qu'on lui fasse de la place.

Dessous, il y a souvent quelqu'un qui porte beaucoup sans que personne le voie. Alors la douceur de l'autre fait l'effet d'une porte qui s'ouvre, et tout ce qui attendait derrière passe d'un coup.

Ce que ça coûte, c'est ce qui vient juste après : la honte, le « pardon », la hâte de redevenir normal avant que l'autre ait vu. Comme si pleurer là était une erreur, alors que c'était juste le premier moment où ça pouvait sortir.

Ce n'est pas la phrase qui te fait pleurer, c'est tout ce que tu tenais avant elle.

Je me demandais…

Qu'est-ce que tu espères que personne ne voie, toutes ces semaines où tu dis que ça va ?