Pourquoi je regrette d'avoir parlé de moi

Tu as dit quelque chose de vrai ce soir, à voix haute, à quelqu'un. Maintenant la lumière est éteinte et tu réentends chaque phrase.

Tu as dit ce que tu gardais pour toi depuis longtemps. Sur le moment, ça a fait du bien.

Puis la nuit arrive avec son « j'en ai trop dit ». Tu revois le visage en face de toi, tu cherches la seconde où l'autre a eu l'air gêné, et tu en trouves une, tu en trouves toujours une. Ça me serre un peu, parce que le plus dur, c'était de parler, et tu l'as fait.

Dessous, il y a souvent ça : se montrer, c'est donner à quelqu'un de quoi te penser moins bien. Alors une fois la porte fermée, tu reprends tes mots comme un objet prêté. Pendant ce temps, l'autre dort, ou pense à toi avec plus de douceur qu'hier.

Et ça coûte : à force de reprendre, tu confies de moins en moins, et ceux qui t'aiment restent un peu à la porte.

Tu reprends tes mots comme un objet prêté.

Je me demandais…

Tu te permettrais quoi, demain, si tu croyais vraiment que ce que tu as dit ne t'enlève rien ?