Pourquoi je repousse mon réveil dix fois le matin

6h40. Tu tends le bras sans ouvrir les yeux, tu appuies, tu te rendors pour neuf minutes. Puis encore. À la dixième, tu es en retard et tu n'as pas vraiment dormi.

Ces neuf minutes-là ne sont pas du sommeil. C'est le seul moment de la journée où personne ne te demande rien, où rien n'a encore commencé. Tu le sais déjà la veille, quand tu règles trois alarmes à vingt minutes d'écart : tu ne prépares pas ton lever, tu prépares la négociation. Et franchement, je comprends qu'on s'y accroche.

Ce que tu repousses, ce n'est pas la sonnerie. C'est la première chose qui t'attend dehors : le trajet, la réunion, la conversation que tu as en tête depuis hier. La journée commence quand même, sauf qu'elle commence en courant, le café debout, et avec cette petite dette : tu as déjà perdu contre toi-même avant d'avoir mis un pied par terre.

Ce que tu repousses, ce n'est pas le réveil.

Je me demandais…

Qu'est-ce qui t'appartiendrait, dans ta journée, si tu n'avais pas à le voler avant que tout commence ?