Pourquoi je scrolle encore alors que je suis crevé
Le schéma, en cinq temps
23h12, la lumière est éteinte sauf celle de l'écran. Les yeux piquent, le pouce continue de faire défiler. Une pensée passe : encore cinq minutes.
Le corps veut dormir, la main dit non
Le bâillement est venu vers 22h. Le lit était déjà fait, la couette rabattue. Et pourtant le téléphone est resté dans la main, sur la poitrine, l'écran tourné vers le plafond puis vers le visage encore une fois.
Ce n'est pas un contenu précis qui retient. Ce n'est même plus vraiment intéressant, souvent. C'est juste que fermer l'écran, c'est fermer la journée. Et fermer la journée, à cette heure-là, ça veut dire se retrouver seul avec ce qui reste.
Ce que le silence aurait laissé remonter
Dans le noir, sans rien à regarder, il y a de la place. Une phrase que quelqu'un a dite plus tôt. Un truc pas fait. Une inquiétude qui n'a pas eu le temps d'exister dans la journée parce que la journée était pleine.
Le défilement occupe cette place-là. Pas parce qu'il apaise vraiment, mais parce qu'il empêche autre chose de commencer. Une image en remplace une autre avant que la première ait eu le temps de dire quoi que ce soit.
Ce que je ne vais pas te dire
Je ne vais pas te dire de poser le téléphone en dehors de la chambre, ni de lire un livre à la place, ni de mettre l'écran en noir et blanc. Ce ne sont pas des solutions, ce sont des gestes qui remplacent un geste par un autre sans jamais dire pourquoi celui-là.
La chose plus solide, c'est de remarquer l'instant précis où le pouce a repris le mouvement juste après un bâillement. Ce moment-là, entre l'envie de dormir et le geste qui la contredit, c'est là que quelque chose se joue. Pas dans ce qu'il y a sur l'écran.