Pourquoi je tombe toujours sur la messagerie

Il est 22h, tu appelles. Ça sonne quatre fois, puis la voix enregistrée, et tu raccroches avant le bip.

Tu ne laisses pas de message. Tu te dis qu'il verra l'appel manqué, qu'il comprendra, qu'il rappellera s'il veut. Tu poses le téléphone sur le canapé, écran contre le coussin. Il t'a fallu un peu de courage pour composer ce numéro, et ça me touche.

Sauf qu'un appel manqué ne dit rien. Pour l'autre, c'est un nom sur un écran, pas ta soirée, pas l'envie de l'entendre. Alors tu attends qu'il devine, et chaque heure sans rappel devient une réponse que tu n'as jamais demandée. Peut-être que ce qui revient n'est pas la messagerie, mais cette façon de tendre la main si bas que, si personne ne la prend, tu n'as rien demandé. Est-ce que c'est ça, chez toi ?

Un appel manqué ne dit rien de ta soirée.

Je me demandais…

Ça te coûterait quoi, qu'on sache que tu avais vraiment envie de l'entendre, ce soir ?