Pourquoi je ris à la fin d'une phrase sérieuse
Tu as pris ton élan, tu as dit la chose vraie. Et au dernier mot, ce petit rire sort tout seul.
Tu la gardais depuis trois jours, cette phrase. Tu la dis, la voix tient, et juste après il y a ce souffle par le nez, ce haussement d'épaules, et tu ajoutes « enfin bon », ou « c'est rien », ou « je sais, c'est bête ». En face, on rit avec toi. Le sujet se referme comme une porte. Ce rire arrive toujours pile sur le mot qui comptait, jamais avant.
C'est une façon de reprendre la phrase avant que quelqu'un d'autre ne la trouve trop lourde. Tu la poses et tu l'allèges dans le même geste, pour que personne n'ait à la porter. Ce que ça coûte : en face, on entend surtout le rire, et c'est au rire qu'on répond. Toi tu repars avec l'impression d'avoir dit. La phrase, elle, est encore là le soir.
Ce rire arrive toujours pile sur le mot qui comptait, jamais avant.
Je me demandais…
Et si personne ne riait avec toi, qu'est-ce que tu aurais envie qu'on te dise ?