Pourquoi c'est toujours moi qui écris en premier
Ton pouce reste au-dessus de la conversation. Le dernier message est le tien, il date de quatre jours, et tu te répètes que cette fois, tu attends.
Alors tu attends. Un jour, deux. Tu te dis qu'elle est débordée, qu'il a la tête ailleurs, et tu finis par écrire quand même, un « coucou, ça va ? » léger, comme si de rien n'était. C'est beaucoup de gentillesse pour un seul « coucou », et ce « comme si de rien n'était » te coûte plus qu'on ne le voit.
Sous le geste, il y a une phrase que tu ne dis à personne : si j'arrête, ça s'arrête. Alors tu tiens le fil, et tu ne sauras jamais ce qui arriverait si tu le lâchais. Ce que ça prend, c'est de la fatigue, et un petit compte qui se tient tout seul dans un coin de ta tête : combien de fois toi, combien de fois eux.
Si j'arrête, ça s'arrête.
Je me demandais…
Tu t'en voudrais de quoi, le jour où tu laisserais passer une semaine sans écrire ?