Pourquoi je calcule combien d'heures de sommeil il me reste

Il est 1h40. Tu regardes l'heure et tu fais le calcul : si je m'endors maintenant, ça fait cinq heures.

Cinq heures, ça va encore. Tu regardes de nouveau : 2h05, quatre heures et demie. Chaque coup d'œil fait baisser le chiffre, et ta poitrine se serre un peu plus. Demain est déjà gâché dans ta tête, la réunion, la voix qui traîne, la journée à tenir.

Ça me serre le cœur de te savoir là, dans le noir, avec ton téléphone qui éclaire le plafond.

Ce calcul ressemble à une façon de garder la main. Si tu sais exactement ce qu'il reste, rien ne peut te surprendre. Mais le sommeil ne se laisse pas compter, et chaque chiffre devient une petite alarme de plus. Ce qui te garde les yeux ouverts, ce n'est plus la nuit, c'est le compte. Et la fatigue de demain, tu la paies déjà ce soir, d'avance.

Ce qui te garde les yeux ouverts, ce n'est plus la nuit, c'est le compte.

Je me demandais…

Tu aurais quoi à prouver, demain, pour que ces heures comptent autant cette nuit ?