Pourquoi je devine l'humeur de quelqu'un dès qu'il rentre

Une clé dans la serrure, un sac posé un peu trop fort, et tu sais déjà. Ton corps s'est réglé avant le « salut ».

Tu écoutes la porte avant d'écouter la personne. Le bruit de la clé, le pas dans le couloir, le silence avant le bonjour. En trois secondes tu sais si la soirée sera douce ou s'il vaut mieux ne rien demander.

Alors tu t'ajustes sans y penser : tu baisses la voix, tu ranges ce que tu voulais raconter, tu gardes une blague au chaud au cas où. Cette attention-là, personne ne la voit, et moi elle me touche.

Dessous, il y a une idée très simple : si tu vois venir l'orage, il te mouille moins. Alors tu guettes, même les soirs où l'autre a juste eu une journée longue et que ça ne te concerne pas du tout. Ça coûte ceci : ta soirée a déjà commencé avant la sienne, et tu portes une humeur qui n'est pas la tienne.

Ta soirée a déjà commencé avant la sienne.

Je me demandais…

Ta soirée commencerait par quoi, si l'humeur des autres ne t'appartenait pas ?