Pourquoi je m'énerve pour un rien

Un verre laissé sur le plan de travail, et ta voix part plus fort que prévu. Tu l'entends sortir, et tu ne comprends pas d'où elle vient.

Ce n'est pas le verre. C'est le verre, plus le tiroir mal fermé, plus la question posée deux fois, et soudain la mâchoire serrée et une phrase sèche déjà dehors.

Ensuite vient la honte, très vite : « tout ça pour un verre ». Ça me serre un peu pour toi, cette phrase que tu te dis dans la cuisine, sans personne pour t'entendre.

Souvent, il y a une chose plus grosse qui n'a trouvé nulle part où se poser : une journée avalée sans rien dire, un mot gardé pour toi. Les petites choses sont sous la main, alors ce sont elles qui prennent tout.

Ça coûte : la personne en face ne comprend pas, toi non plus, et la vraie chose reste là, intacte, sous le verre.

Les petites choses sont sous la main, alors ce sont elles qui prennent tout.

Je me demandais…

Tu la dirais à qui, ta journée, si tu n'avais pas peur de prendre trop de place ?