Pourquoi je panique quand on me dit « on peut se parler ? »
Le message arrive, quatre mots, pas de point d'exclamation : « On peut se parler ? » Ton ventre est déjà descendu d'un étage.
Tu ne réponds pas tout de suite. Tu relis, tu cherches le ton, tu remontes les dernières semaines pour trouver ce que tu as pu faire. En dix secondes, tu as écrit la conversation entière, et dans toutes les versions c'est toi qui as tort. Ça me serre un peu pour toi, parce que personne n'a encore rien dit.
Peut-être qu'une phrase aussi courte a toujours sonné chez toi comme un reproche en route. Ton corps répond à la dispute que tu imagines, pas à la personne qui écrit, et qui voulait peut-être juste te raconter quelque chose. Tant que la réponse n'est pas venue, tu passes l'heure à te défendre contre quelqu'un qui n'a rien attaqué. Est-ce que ça te ressemble ?
Tu te défends contre une dispute que personne n'a commencée.
Je me demandais…
Comment tu passerais cette heure d'attente, si tu n'avais rien à te faire pardonner ?