Pourquoi je laisse sonner quand on m'appelle
Le téléphone vibre sur la table. Tu vois le nom, tu le laisses sonner jusqu'au bout, et tu écris dans la foulée : « je ne pouvais pas là, tout va bien ? »
Ce n'est pas que tu ne veux pas lui parler. C'est qu'un appel commence sans prévenir. Un message, tu le lis quand tu veux, tu choisis tes mots, tu peux effacer. Au téléphone, il faut répondre tout de suite, avec la voix que tu as à cet instant, et celle-là ne se relit pas. Alors tu laisses sonner, et tu reprends la main par écrit. Trente secondes plus tard, pour que personne n'ait le temps de s'inquiéter : ça, ça me touche.
Ce que tu évites, ce n'est pas la personne. C'est qu'on t'entende sans préparation. Et ça marche à chaque fois. Sauf qu'à force, ceux qui t'aiment t'écrivent au lieu d'appeler, parce qu'ils ont compris. Tu gardes le contrôle de tes phrases, et tu perds les appels qui n'allaient nulle part, les dix minutes pour rien, le rire au milieu d'une phrase.
Tu gardes le contrôle de tes phrases, et tu perds les appels qui n'allaient nulle part.
Je me demandais…
Qu'est-ce qu'on entendrait dans ta voix, un soir, que tes messages arrivent toujours à cacher ?