Pourquoi je relis nos anciens messages
Il est minuit passé, tu es couché, et ton pouce remonte la conversation. Tu sais déjà où tu vas t'arrêter.
Tu ne relis pas tout. Tu remontes jusqu'à un endroit précis, celui où les messages arrivaient vite, avec des photos de rien et des fautes de frappe. Tu connais la suite par cœur et tu lis quand même. Il y a quelque chose de tendre là-dedans, et d'épuisant aussi. Parce qu'en lisant, tu compares : le ton d'avant, le ton de maintenant, le jour exact où les phrases ont raccourci.
Ce que tu cherches n'est pas le souvenir. C'est une réponse. Est-ce que c'était vrai, est-ce que j'ai inventé, est-ce que c'est moi qui ai fait basculer quelque chose. Relire donne l'impression d'enquêter, donc d'avancer. Mais un fil de messages ne dira jamais ce qu'il y avait dans la tête de quelqu'un d'autre. Et pendant que tu passes minuit dans une conversation d'il y a deux ans, la journée que tu viens de vivre, elle, personne ne la relit.
Relire donne l'impression d'enquêter, donc d'avancer.
Je me demandais…
Tu t'autoriserais quoi, ce soir, si tu acceptais de ne jamais savoir ce qui s'est passé ?