Pourquoi je ressemble à mes parents
Tu es dans l'entrée, tu dis quelque chose à quelqu'un, et c'est la voix de ta mère qui sort. Ou celle de ton père, avec le même soupir.
Tu t'étais promis : jamais. Et puis tu coupes la parole comme lui, tu réponds « on verra » comme elle, tu ranges la cuisine en soupirant comme eux deux. Ça te fait un petit froid dans la nuque. Je le comprends, ce froid : se surprendre avec une voix qui n'est pas la sienne, ce n'est pas drôle.
Tu as grandi à regarder comment on fait quand on est fatigué, quand on a peur, quand on veut qu'on l'écoute. Personne ne te l'a appris, ça s'est posé en toi avant que tu aies eu le choix. Alors quand tu es à bout, c'est le chemin que tu connais le mieux qui s'ouvre.
Ça ne dit pas qui tu es, ça dit d'où tu viens. Et ça te coûte cette seconde juste après, où tu te juges avec leurs yeux. C'est peut-être ça, chez toi ?
Ça ne dit pas qui tu es, ça dit d'où tu viens.
Je me demandais…
Ça ressemblerait à quoi, ta journée, si tu n'avais plus à prouver que tu n'es pas comme eux ?