Pourquoi je relance une série que je connais par cœur
23h40. Tu as douze trucs en attente dans ta liste, et tu relances l'épisode que tu pourrais réciter.
Tu ne la regardes pas vraiment. Tu la laisses tourner. Tu connais la réplique avant qu'elle arrive, tu peux aller te laver les dents sans rien manquer. Et ça marche, vraiment : tes épaules descendent de deux centimètres.
Toute la journée, il a fallu deviner. Le ton d'un message. Ce que voulait dire ce silence après que tu as parlé. Si la phrase du midi était une blague. Là, non.
C'est ça que tu allumes : un endroit où tu sais déjà la fin. Le seul moment de la journée où tu n'as rien à anticiper. Ce que ça coûte est petit et revient chaque soir : l'épisode tourne, l'heure passe, et tu te couches sans avoir eu ta soirée.
Un endroit où tu sais déjà la fin.
Je me demandais…
De quoi tu aurais envie, le soir, si tu n'avais plus eu à deviner les autres toute la journée ?