Pourquoi on me met toujours dans la case des amis

Il est minuit et quelqu'un que tu aimes bien t'écrit pour te raconter sa journée. Tu réponds tout de suite, et tu te dis : plus tard, je lui dirai.

Tu réponds tout de suite. Tu retiens le rendez-vous de mardi, tu demandes comment ça s'est passé, tu trouves les mots quand ça n'a pas rappelé. Et ce que tu voudrais, toi, tu le gardes pour plus tard, pour quand ce sera le bon moment. Cette patience-là, franchement, elle me touche.

Sous tout ça, il y a souvent une idée discrète : si je suis assez là, assez utile, on finira bien par me voir autrement. Alors tu deviens la personne sur qui on compte, avant même d'avoir dit que tu espérais plus. L'autre prend l'habitude de cette place, parce qu'elle est douce et qu'elle ne lui coûte rien. Et toi, tu attends un signe que personne ne savait que tu guettais.

L'autre prend l'habitude d'une place qui ne lui coûte rien.

Je me demandais…

Qu'est-ce que tu préfères ne pas savoir, tant que tu n'as pas dit ce que tu espères ?